Argent oublié d'un proche décédé : où chercher
Chaque année en France, des milliards d'euros ne sont jamais réclamés après un décès. La raison est simple : l'argent d'un défunt ne dort pas à un seul endroit, mais à au moins six — et chacun a son propre organisme, ses formulaires, ses justificatifs et ses délais. La plupart des héritiers ne vérifient que la banque principale et passent à côté du reste.
Voici le panorama des sources à ne pas oublier — et pourquoi c'est plus délicat qu'il n'y paraît.
1. L'assurance-vie
C'est le plus gros gisement de fonds non réclamés. Un contrat peut vous désigner bénéficiaire sans que vous le sachiez. La recherche passe par l'AGIRA, qui interroge l'ensemble des assureurs — mais la demande doit être parfaitement formulée (désignation explicite du bénéficiaire, pièces exactes), faute de quoi elle est déclarée irrecevable. Voir le guide assurance-vie.
2. Les comptes et l'épargne inactifs
Après plusieurs années d'inactivité, comptes, livrets et contrats sont transférés à la Caisse des Dépôts (loi Eckert) et recherchables via Ciclade. Encore faut-il saisir un état civil exact et complet : une orthographe ou une date approximative, et la recherche ne remonte rien. Et si une somme est trouvée, la restitution est un dossier à part entière.
3. Tous les comptes bancaires (fichier FICOBA)
Le fichier FICOBA recense l'ensemble des comptes ouverts au nom du défunt, même ceux que vous ignorez. Mais il ne se consulte pas en un clic pour un défunt : c'est une demande écrite à l'administration fiscale, avec justificatifs — et il ne donne que la liste des comptes, pas les montants. Il faut ensuite écrire à chaque banque.
4. L'épargne salariale d'un ancien emploi
Un ancien salarié du privé laisse souvent un plan non liquidé (PEE, PERCO, participation). L'argent n'est pas chez l'employeur mais chez un « teneur de compte » qu'il faut d'abord identifier, puis solliciter avec les bonnes pièces. Facile à oublier — et rarement au bon endroit du premier coup.
5. Comptes-titres, PEA et actions
Portefeuilles logés en banque, mais aussi actions « au nominatif pur » détenues directement chez la société — invisibles des fichiers bancaires classiques. Sans les bons réflexes, elles échappent totalement à la succession.
6. La retraite supplémentaire
Contrats « article 83 », Madelin, PER d'entreprise jamais liquidés. Ils se recherchent par des canaux spécifiques et se confondent facilement avec la pension de réversion — deux démarches différentes, souvent mélangées.
Et la clé de tout : prouver sa qualité d'héritier
Aucun organisme ne verse sans preuve. Selon le montant et la présence d'un bien immobilier, il faut une attestation signée par tous les héritiers ou un acte de notoriété chez le notaire — un dossier à monter, à faire accepter par chaque interlocuteur, et à joindre à chaque demande.
⏳ Le compte à rebours. Sans réclamation, les sommes filent à la Caisse des Dépôts, puis sont définitivement acquises par l'État après 30 ans.
En clair : les recherches officielles existent et sont gratuites, mais les mener toutes, correctement, sans erreur ni oubli, avec un dossier d'héritier valable partout, demande du temps et de la méthode — rarement compatible avec le deuil. C'est exactement là que Reliquat intervient.